dimanche, septembre 23, 2007

J'ai testé pour vous : BASSISTE MAGAZINE.

Triste constat dans la presse française : contrairement aux magazines traitant de la guitare, il n'existe que deux magazines dédiés à la 4-cordes : Cours2Basse, qui est en fait une revue pédagogique pour améliorer son jeu (excellente revue d'ailleurs !) et Bassiste magazine.

Bassiste Magazine
est un bimensuel (qui parait donc tous les 2 mois) de 80 pages environ, contenant un CDROM dit "CD vidéo pédagogique".
Le magazine que j'ai entre les mains pour ce test est le n'12, paru en Juillet / Aout 2007, dédié au grand Jaco Pastorius (meilleur bassiste de tout les temps). Au programme, des news, des interviews de bassistes, des dossiers sur la customisation (par ex), des tests de matériels et une partie "Bass Player", qui regorge d'extrait de partitions de morceaux plus ou moins célébres.

Le magazine en lui même.
La présentation est dans l'ensemble sobre mais soignée. Il y a pas mal d'encarts publicités, mais cela reste correcte comparé à GuitarPart par exemple (les publicités peuvent représenter plus de 50% du magazine !).
La partie News est assez sommaire et parfois un peu dépassée. Quelques potins par ci par là, mais rien de très alléchants, le bassiste féru d'actualité préférera prendre l'information sur Internet (vu le nombre considérable de forums français et internationals dédiés à la basse, ce n'est pas ce qui manque).
La partie Interview est assez bien foutue, même si certains entretiens mériteraient d'être un peu plus dense.
Un gros point faible sur ce numéro "soi-disant" dédié à Jaco Pastorius : 2 pages (une page si on ote les illustrations photos) pour résumer sa vie et sa carrière, c'est vraiment peu !! Il aurait également été plus judicieux de présenter une liste de tous ces enregistrements, plutôt que 3 incontournables, 3 indispensables et surtout les 5 dont on peut se passer !



























La partie Test
. bon point : divers matos sont représentés, de la Cort Action-A (à 270 euros) à l'Alembic Standard Signature Mark King" (à... 8900 euros!). Les tests sont plutôt bien fait, même si, pour certains modèles (l'ARIA IGB 65 par ex), une trop grande portion de l'article est consacrée aux détails techniques (nombre de cases, largeur du manche, nature des bois...) alors que l'avis général sur la basse en elle-même reste assez vague. Par exemple, je n'ai pas compris ce que le chroniqueur a voulu dire par "la première surprise au sujet de l'IGB 65... c'est son poids (...) C'est pourquoi le modèle IGB 40, est non seulement plus petit, mais aussi plus léger". Voulait-il dire que l'IGB 65 est extrèmement légère, ou au contraire assez lourde comparé à sa petite soeur d'entrée de gamme ? Par ailleurs, étrange choix que de tester cette IGB 65, un modèle qui n'est plus aujourd'huifabriqué par ARIA !
Ce numéro 12 présente un dossier pour défretter sa basse. Sur ce point, chapeau bas ! Chaque étape est expliquée et illustrée par une photo, rendant le travail de défrettage beaucoup plus abordable pour un débutant ! Par contre, le dossier "Enregistrer sa basse sur un ordinateur" n'apportent que les bases du concept de la Musique Assistée par Ordinateur (peut-être car il ne s'agit que de la "première partie ?"), ce qui est largement insuffisant pour se lancer dans l'aventure. Reste à voir la partie 2 de ce dossier.
Enfin, la partie Partition : uniquement des extraits de morceaux de Jaco, retranscrit par le grand Hans J. Kullock. Tous les standards de Jaco ("Teen Town", "Black Market", "Blackbird", "Portrait of Tracy" "Come On, Come Over" et même "Chromatique Fantasy). Le seul reproche à ce sujet, c'est qu'aucun sample de ces morceaux (voir des playbacks) n'est présent sur le CD, le lecteur devra posséder les enregistrements originaux.
En définitive, un magazine assez bien concu dans l'ensemble, quelques petites choses à améliorer par ci par là, mais dans l'ensemble, pour un féru maitre de la basse, il s'agit d'un très bon achat.

Passons maintenant à la partie CD vidéo. Alors là, je serais beaucoup moins tendre.
Premier reproche, les vidéos sont sous format DivX, donc lisible uniquement sur ordinateur, par sur "TV" (à moins de posséder un lecteur DVD qui puisse lire les fichiers DivX, à voir), alors que Batteur Magazine comporte non pas un CD vidéo, mais un véritable DVD vidéo !
Heureusement, les vidéos peuvent être lu sous Linux.
Première vidéo : Hans J. Kullock. Un très bon bassiste reconnu dans le milieu (il a participé à de nombreux magazines pédagogique, comme Guitare & Bass. D'ailleurs sa méthode "Basse Supertechnique" est reconn comme étant un must, et je confirme.). Un individu très sympathique et avec un grand sens de l'humour, ce qui n'est pas de trop dans ce genre de vidéo. Hans nous présente quelques morceaux de sa création, un mélange de funk, de métal et de hip/hop (on aurait préféré du jazz ou du blues !). Même si Hans site plusieurs fois le nom de Jaco dans cette vidéo, aucun des morceaux présentés ici font réellement penser au maître de la basse! Une vidéo sympa, même si, pour être tout à fait honnète, on reste sur sa faim au bout des 15 minutes de celle-ci.
Seconde vidéo : Remy Chaudagne. Attention, petit chef d'oeuvre. Rémy est non seulement un excellent bassiste, mais également un très bon pédagogue , qui a une immense connaissance de la théorie musicale et explique chaque choix de note. Malgré la difficulté des plans et les nombreux termes techniques employés, Remy réussit, par son grand sens de la pédagogie et sa passion évidente pour la musique, à captiver l'auditeur durant les 20 minutes de cette vidéo. Ce doit être un pur régal d'avoir Remy comme professeur particulier !
Troisième vidéo. Saïd Chikaoui. Première constatation, un "beur" qui joue de la basse, ça fait plaisir à voir !
Saïd, qui semble être un excellent bassiste, comme le montre la rapidité de jeux de certains plans proposés ici. Malheureusement, qui dit "vidéo pédagogique" dit "sens de la pédagogie", ce qui n'est vraisemblablement pas le fort de Saïd : celui-ci semble être un grand timide, sa voix vacille, son choix de termes est très hésitant, il répète plusieurs fois la même phrase, quand il ne commence pas avec une phrase pour finalement revenir en arrière et dire autre chose. Au début, on compathie et on fait abstraction des hésitations de ce monsieur (je suis moi-même assez timide), mais force est de constater qu'au fil des minutes, les explications de Saïd deviennent de plus en plus confuses, on en arrive presque à avoir pitié du bonhomme. D'ailleurs sur certains passages, on pourrait même croire que l'individu est sous l'emprise de l'alcool. Grosse bourde : plusieurs plans ont été mal "montés", on a droit à un "je vais la refaire" (les gars, ce n'est pas un plan qu'il faudrait refaire, mais la vidéo entière !) et surtout, erreur impardonnable, un "merde" qui s'est glissé en début de prise. Toutes ces erreurs font que c'est un véritable calvaire que de suivre cette vidéo ! Mon avis semble être très dur, mais c'est pourtant la vérité. Certes, Saïd Chikaoui est un très bon bassiste, très à l'aise lorsque il joue de son instrument, mais quand il s'agit de donner quelques explications, c'est le drame. Vraiment dommage, pour un bassiste au si grand potentiel. Celui-ci devra peut-être travailler sur lui-même et tenter de vaincre sa grande timidité.
Dernière vidéo, Lahcen Bennajem (accompagné d'un certain Guillaume Pihet, qui avouons le, brille par son absence), qui est un artiste sympathique et qui nous offre une présentation de la musique Gnawa et d'un instrument nommé le guenbri, ancêtre africain de la basse. Lahcen semble maîtriser son sujet et réussit à nous délivrer sa passion pour la culture Berbere (orthographe correcte ?) graçe notamment à des explications très complètes. Un probable souhait de la rédaction d'ouvrir l'horizon musical des lecteurs, même si, pour être honnète, un pur bassiste (comme moi) aurait préféré une vidéo traitant de la Basse. Une vidéo néanmoins très intéressante.
Au final, une partie vidéo assez mitigée, que l'on doit considérer comme un "add-on" au magazine plutôt que comme une entité séparée.
Cela dit, Bassiste Magazine vaut globablement l'investissement (6 euros), principalement car il s'agit du seul magazine de ce type en France.

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